– Une Histoire de Deuils Familiaux Non Résolus –
Le Syndrome du Gisant est un concept en psychogénéalogie qui relie certains troubles émotionnels, psychiques ou physiques à des deuils non résolus dans la lignée familiale. Ce phénomène trouve son origine dans des drames familiaux marqués par des décès perçus comme brutaux, injustifiables et inadmissibles, laissant une empreinte émotionnelle profonde sur les générations suivantes. Ces pertes, qu’il s’agisse d’un avortement, d’une mort intra-utérine ou de la disparition d’un proche, peuvent engendrer des mécanismes inconscients susceptibles de se perpétuer au fil des générations.
1. Le Gisant
Le Syndrome du Gisant prend racine dans un deuil perçu comme impossible à accomplir pour une famille après un décès perçu comme « injustifié et injustifiable, inadmissible et inacceptable ».
Ces drames familiaux peuvent inclure :
• un avortement (spontané ou médical),
• une mort intra-utérine (comme la perte d’un jumeau),
• un décès à la naissance,
• la disparition tragique d’un enfant, d’un parent ou d’un autre membre « parti trop tôt ».
Face à cette absence insupportable, l’inconscient familial met en place une parade transgénérationnelle, c’est-à dire un mécanisme où un descendant est inconsciemment « programmé » pour incarner symboliquement le défunt et tenter de restaurer l’équilibre émotionnel au sein du clan. C’est ainsi qu’apparaît le Gisant.
On distingue deux formes de Gisants, selon le moment où le rôle se manifeste dans la lignée familiale :
• Le Gisant horizontal : Il s’agit d’un enfant conçu peu après le drame familial, souvent perçu inconsciemment par les parents comme un « enfant de remplacement ». Ce rôle, bien qu’inconscient, peut engendrer des attentes implicites et une pression émotionnelle sur l’enfant.
• Le Gisant vertical : Ce rôle se manifeste dans une génération ultérieure, parfois bien des années après le drame. Ce Gisant est relié au défunt par des liens transgénérationnels, comme des dates marquantes, des prénoms ou des répétitions de schémas de vie.
Ces deux formes de Gisants traduisent un mécanisme complexe où un descendant se voit attribuer, parfois à son insu, un rôle pour tenter de combler l’absence laissée par un deuil familial non résolu. Ce rôle agit comme une charge émotionnelle inconsciente, pesant sur l’individu à travers des attentes implicites.
2. Vivre à la place de l’absent
Le Dr Salomon Sellam décrit le Syndrome du Gisant comme une double contrainte imposée : vivre sa propre vie tout en portant inconsciemment le poids d’un deuil familial non résolu :
« Je suis le double d’une personne de mon clan, décédée de manière injustifiée et injustifiable, inadmissible et inacceptable. Je suis chargé de la remplacer et, pour cela, j’utilise tout ce qui est possible afin d’y arriver : mon esprit, mon psychisme, mon corps et mes cellules aboutissant à une problématique plus ou moins déstabilisante, source de questionnements divers et variés. » 1
Les transmissions inconscientes liées au Syndrome du Gisant peuvent se traduire par des manifestations diverses, classées en trois catégories : émotionnelles, psychiques et physiques. Ces manifestations peuvent varier en intensité selon les individus et les liens transgénérationnels en jeu.
Manifestations émotionnelles
• Ressentir une tristesse profonde, souvent inexplicable, qui persiste depuis l’enfance.
• Se sentir comme un observateur de sa propre vie, avec l’impression de ne pas en être pleinement acteur ni d’en contrôler le cours.
• Se sentir freiné dans sa vie, incapable de profiter pleinement ou de s’autoriser du plaisir.
• Éprouver une dualité intérieure, comme si deux personnalités coexistaient : l’une joyeuse et l’autre mélancolique.
Manifestations psychiques
• Ressentir un conflit d’identité, tiraillé entre sa propre vie et celle du défunt dont il porte symboliquement l’héritage.
• Développer des pensées envahissantes ou répétitives, cherchant à se comparer ou à se montrer digne de la mémoire du défunt.
• Porter une culpabilité inconsciente, se sentant responsable de certains malheurs familiaux.
• Éprouver un sentiment de vide, avec une impression d’être privé d’un but ou d’une place légitime dans le clan.
Manifestations physiques
• Présenter des troubles du sommeil tels que l’insomnie, l’apnée ou le bruxisme (grincement des dents).
• Développer des déséquilibres métaboliques, tels que le surpoids, le diabète ou une fatigue chronique.
• Souffrir de pathologies inexpliquées, souvent résistantes aux traitements conventionnels.
• Subir des désordres intestinaux, comme des parasitoses chroniques ou des troubles digestifs persistants.
3. La libération : reprendre sa propre vie
La prise de conscience joue un rôle clé dans la libération du Gisant. En explorant les mémoires familiales, notamment à travers l’analyse de l’arbre généalogique, il devient possible d’identifier les liens transgénérationnels qui pèsent sur l’individu. Des correspondances de dates, des schémas répétitifs ou des prénoms partagés peuvent révéler des transmissions inconscientes.
Ce processus de découverte, bien que parfois douloureux, est souvent libérateur. Reconnaître le rôle du défunt et lui « rendre sa place » dans la lignée permet au Gisant de se détacher de ce fardeau. Certains rituels symboliques ou travaux thérapeutiques sur les loyautés familiales peuvent également aider à reconstruire un rapport plus sain avec cet héritage. Cependant, au-delà de ces approches, un accompagnement spécifique peut être essentiel pour explorer ces dynamiques invisibles et entamer un véritable travail de libération personnelle.
Dans cette optique, si vous vous reconnaissez dans la dynamique du Gisant ou ressentez un écho avec votre propre histoire, je vous propose un accompagnement spécifiquement conçu pour vous aider à apaiser ces loyautés invisibles et à retrouver votre équilibre. Ensemble, nous travaillerons à :
• Trouver votre juste place dans votre histoire familiale : Respecter les blessures du passé tout en vous libérant des attentes implicites qui ne vous appartiennent pas.
• Mieux comprendre ces dynamiques : Identifier leurs impacts sur votre vie et vos relations afin de dénouer les mécanismes inconscients qui vous limitent.
• Vous reconnecter à votre identité propre : Aller au-delà du rôle implicite que vous avez pu endosser pour révéler pleinement qui vous êtes.
Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à me contacter directement ou à visiter mon site pour découvrir mon accompagnement.
En conclusion, le Syndrome du Gisant met en lumière l’impact des transmissions inconscientes au sein des familles. En identifiant ces mémoires et en les intégrant dans un processus de guérison, cet héritage douloureux peut devenir une opportunité d’épanouissement personnel. En explorant les non-dits et les blessures du passé, il devient possible de se libérer du poids des transmissions inconscientes et de vivre pleinement selon ses propres choix.
- Salomon Sellam « Le Syndrome du Gisant – Un subtil enfant de remplacement » – Editions Bérangel – 2019 ↩︎