Les désordres amoureux sous l’angle de la psychogénéalogie

Dans son ouvrage intitulé « Le sens caché de nos désordres amoureux », le Dr Salomon Sellam, docteur en médecine et psychosomaticien, envisage les désordres amoureux sous l’angle de la psychogénéalogie. Il nous montre à l’aide de nombreux exemples que notre partenaire peut se révéler être un véritable allié dans la découverte de nous-même.

Dans ce livre, l’auteur met en évidence les complexes d’Œdipe et d’Electre au travers des traits unaires, de l’identité mais également des dates.

Il faut savoir que lorsque les complexes d’Oedipe ou d’Electre n’ont pas été liquidé (ou seulement partiellement), le père ou la mère constitue une sorte de « modèle » que nous recherchons sans cesse, notamment au travers de nos partenaires. Cela donne lieu à des incestes symboliques inconscients qui peuvent être à l’origine de désordres amoureux qui font d’ailleurs l’objet de cet ouvrage.

1. Oedipe et Electre

Les couples mythiques fils/mère (Oedipe classique ou direct) et fille/père (Electre classique ou direct) ne représenteraient selon l’auteur que 50% des cas.

A ceux-ci s’ajoutent les couples fils/père (Oedipe inversé) et fille/mère (Electre inversé) et d’autres couples faisant intervenir un(e) collatéral(e), souvent un frère ou une soeur.
Dans ce cas, pour obtenir l’amour de son parent, l’enfant délaissé va s’identifier à ce collatéral(e), pour lequel ou laquelle le parent a une préférence, réelle ou ressentie.

On a donc deux nouveaux couples :
– un Oedipe indirect : couple fils/collatéral(e)/mère
– un Electre indirect : couple fille/collatéral(e)/père

ainsi que leurs inverses :
– un Oedipe inversé et indirect : couple fils/collatéral(e)/père
– un Electre inversé et indirect : couple fille/collatéral(e)/mère

2. Les traits unaires

La notion de « trait unaire » a été développée par Jacques Lacan. Il s’agit d’ « un signe précis, une caractéristique, une distinction appartenant à une personne également précise qui va nous la rappeler chez une autre personne » (le mains, le regard, le parfum, la voix, le toucher, etc…).
Enfant, nous enregistrons ces signes spécifiques qui constituent notre « cahier des charges de reconnaissance amoureuse ». Ce dernier nous servira plus tard de référence afin de retrouver inconsciemment notre parent adoré par exemple, sous les traits d’un partenaire.

3. Identité

En ce qui concerne l’identité, c’est au travers des noms ou prénoms que, par exemple, un homme « retrouve » symboliquement sa mère Mathilda par le biais de sa femme Mathilde. Une Melle Carot épouse un Mr Carreau et retrouve symboliquement son père.

4. Dates

En ce qui concerne les dates, l’auteur s’intéresse à quatre dates qui nous caractérisent :
– le point de Vie (date de conception – 9 mois),
– la date de conception (date de naissance – 9 mois)
– la date de naissance
– le point de gisant (date de naissance + 9 mois).

Ainsi, si je suis né le 20/10, ma date de conception se situe vers le 20/01 ; mon point de vie, le 20/04 et mon point de gisant, le 20/07.
Le Dr Sellam s’attache essentiellement au jour et au mois et admet un écart de plus ou moins 7 jours pour la comparaison de deux dates entre elles.

L’expérience clinique de l’auteur lui a permis de formuler une règle en psychologie transgénérationnelle : « toute personne reliée à une autre par un ou de ces trois points (traits unaires, identité, dates) pourra être considérée comme sa représentante, sa remplaçante au sein de la famille et occupe la même place dans son inconscient ».

De ce fait, pour une rencontre au niveau du point de gisant (nous sommes ici en relation avec les mémoires de décès), si le point de gisant de mon épouse correspond à la date de décès de ma mère, je retrouve inconsciemment « la continuation de la vie » de ma mère dans mon épouse. Nous retrouvons ici le couple fils /mère du complexe d’Electre.

Les partenaires dont les dates de naissance sont voisines (à plus ou moins 7 jours) sont des jumeaux symboliques. Il en va de même lorsque la date de naissance de l’un est proche de la date de conception de l’autre. Leur rencontre donne souvent lieu à un véritable coup de foudre, une attirance très forte avec électricité.

La rencontre d’une personne dont la date de naissance est proche de notre point de vie est « notre complémentaire ». Cette personne, qui est notre opposé calendaire, occupera une place déterminante dans notre évolution, via une amitié ou encore un lien amoureux original et particulier.

La rencontre d’une personne dont la date de naissance correspond au point de vie d’un de nos parents correspondra à la recherche d’un idéal puisque nous retrouvons à travers cette personne le complémentaire, l’opposé de notre parent.

5. Conclusion

En définitive, cet ouvrage nous montre que notre inconscient nous dirige vers des partenaires qui peuvent nous permettre d’évoluer si nous sommes capables de prendre conscience de ce qui appartient encore à notre enfant intérieur insatisfait, car dans nos difficultés amoureuses / affectives se rejouent les difficultés rencontrées au cours de notre enfance lors de la constitution de notre personnalité.

La question à se poser et à laquelle la psychologie transgénérationnelle semble pouvoir répondre assez facilement est : « quel(s) personnage(s) mon enfant intérieur veut-il inconsciemment retrouver par l’intermédiaire de mon, ma, mes partenaires successifs ? »

Source : Dr Salomon Sellam « Le Sens Caché de nos Désordres Amoureux – Œdipe et Electre démasqués par les dates»Editions Bérangel – 2014

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